Éclairage public : réduction du temps d’allumage à titre expérimental

2018-08-23T14:29:58+00:00

Nouveau contexte, nouvelle réglementation.
Les communes peuvent se contenter du nouveau cadre du Grenelle de l’Environnement qui modifie l’interprétation de l’article L2212 du CGCT qui rend le maire compétent en matière de police pour la circulation et la sécurité sur la voirie.
Ce nouveau cadre législatif voté en février 2009 par le Parlement définit de nouvelles orientations de politique générale dont certaines sont qualifiées de ‘prioritaires’. La hiérarchie des priorités est modifiée si bien que la lutte contre le gaspillage énergétique devient LA priorité pour la nation :

  • L’article 2 du Grenelle de l’Environnement stipule que « la lutte contre le changement climatique est placée au premier rang des priorités. Dans cette perspective, est confirmé l’engagement pris par la France de diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2050 en réduisant de 3 % par an ».
  • L’article 66 s’inscrit dans la suite des dispositions de l’article 41 de la loi Grenelle I. Il décrit simplement les orientations en matière d’éclairage : « les émissions de lumière artificielle de nature à présenter des dangers ou à causer un trouble excessif aux personnes, à la faune, à la flore ou aux écosystèmes, entraînant un gaspillage énergétique ou empêchant l’observation du ciel nocturne feront l’objet de mesures de prévention, de suppression ou de limitation ».

Par conséquent l’extinction de l’éclairage public pendant une plage horaire peu fréquentée par la population est une mesure qui entre dans le cadre du Grenelle de l’Environnement.

Le conseil municipal a décidé de suivre les recommandations du ministère de l’environnement, en matière de réduction de l’éclairage public. Des décisions sont aussi à prendre en terme de dépenses publiques pour faire face à la baisse des dotations de l’état.
Face à ces contraintes,  et à titre expérimental, pour une période de cinq mois, depuis novembre 2016 , l’éclairage public est coupé sur la commune de minuit à cinq heures du matin.
Des conclusions en seront déduites au bout de cette période.

Insécurité et obscurité pas forcément liées

L’insécurité, pour beaucoup, augmenterait à mesure que baisserait l’intensité de l’éclairage. Les cambrioleurs et autres malfrats seraient plus à l’aise dans l’obscurité, et les piétons, invisibles, risqueraient davantage de se faire écraser. Sauf que cet apparent bon sens n’est que de l’ordre du ressenti. Le service de communication du ministère de l’Intérieur l’assure, « il n’y a pas de règle établie, sur la relation entre délinquance et éclairage. Au niveau national, il n’y a pas d’étude, pas de chiffres. Même si une telle étude existait, ce serait parcellaire. Cela dépend de la problématique de chaque secteur ».

Seulement un sentiment

Les préfectures n’ont pas plus de données chiffrées. À en croire plusieurs gendarmes de la métropole, le sentiment d’insécurité que suscite l’extinction des lampadaires n’est qu’un sentiment. La réalité est qu’il est impossible de démontrer que la délinquance prospère dans la nuit noire. « Lorsque des auteurs sont déterminés, ils y vont, dans le noir ou la lumière. En général, ils ont fait du repérage avant ».
Beaucoup de maisons sont équipées de moyens d’éclairages extérieurs avec détection de mouvements, ce qui est un bon moyen de prévention contre les effractions nocturnes.

Et côté sécurité routière ?

L’association de prévention routière, estime que l’éclairage public est un débat périphérique : « L’important est que chaque usager soit lui-même bien éclairé. » Et d’ajouter : « 90 % des accidents mortels sont dus à l’erreur humaine, alors la lumière influe peut être sur les 10 % qu’il reste… »

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